La majorité des pays de la planète ont dénoncé les droits de douane additionnels imposés par le président américain Donald Trump, Union européenne et Chine en tête. Sans annoncer de représailles concrètes dans l’immédiat, certains privilégient encore la négociation. Réactions !
Les nouveaux droits de douane sont « un coup dur » pour l’économie mondiale, a déclaré pour sa part, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Selon elle, il n’est « pas trop tard » pour négocier mais les Européens travaillent à « un nouveau paquet de contre-mesures ».
De son côté, Sophie Primas, porte-parole du gouvernement français, estime que Bruxelles envisage « d’attaquer les services numériques ».
La hausse des droits de douane constitue une « immense difficulté pour l’Europe » et une « catastrophe pour les Etats-Unis et pour les citoyens américains », a estimé jeudi le Premier ministre François Bayrou. Le président Emmanuel Macron réunissait jeudi après-midi les responsables des principales filières affectées (aéronautique, luxe, agricole et viticole).
« Tout est sur la table » pour rétorquer aux droits de douane, a dit le vice-chancelier allemand, concernant une éventuelle taxe sur la « tech » américaine, tout en appelant à la prudence. Le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé ces décisions « fondamentalement erronées », se disant toutefois « à la disposition du gouvernement américain pour discuter et éviter une guerre commerciale ».
la Première ministre Giorgia Meloni, qui a déploré dès mercredi soir une « mauvaise mesure », « a annulé les engagements prévus aujourd’hui afin de se concentrer sur les mesures à prendre ». Elle avait auparavant dit vouloir « parvenir à un accord avec les Etats-Unis, afin d’éviter une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l’Occident au profit d’autres acteurs mondiaux ».
« Le respect du droit international et le libre-échange sont fondamentaux », a affirmé la présidente suisse Karin Keller-Sutter, dont le pays est frappé de droits de 31%, précisant que Berne allait « définir rapidement la suite ».
Les mesures tarifaires prises par les Etats-Unis sont « extrêmement regrettables », a indiqué le ministre du Commerce et de l’Industrie Yoji Muto, précisant avoir « vivement exhorté Washington à ne pas les appliquer au Japon ».
Le Premier ministre vietnamien, dont le pays est visé par des droits de douane massifs de 46%, a demandé jeudi la mise en place immédiate d’une « équipe de réaction rapide ».
Des dirigeants de l’industrie textile du Bangladesh ont estimé que Donald Trump portait un « coup de massue » au deuxième plus grand fabricant de vêtements au monde, avec des droits de douane de 37% pour le pays.
La Thaïlande dispose d’un « plan solide » pour répondre aux droits de douane de 36% la visant et espère pouvoir négocier une réduction de ceux-ci, a affirmé jeudi la Première ministre Paetongtarn Shinawatra.
Les nouveaux droits de douane de 30% imposés sur les importations sud-africaines sont préoccupants et soulignent le besoin urgent d’un nouvel accord commercial bilatéral, a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa.
La hausse des droits de douane auront « un impact économique, tant au niveau national que mondial », a affirmé jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer, dont le pays a été relativement épargné par Trump (10%) et négocie un accord avec les Etats-Unis.
« Le commerce mondialisé a profité à tous (…) Je ne comprends pas que les Etats-Unis veuillent déclencher une guerre commerciale contre l’Europe. Personne n’est gagnant, tout le monde est perdant », a déclaré Lars Løkke Rasmussen, ministre danois des Affaires étrangères.
Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a dit « déplorer profondément » que les Etats-Unis aient « pris une direction visant à restreindre le commerce ».
« C’est le revers le plus grave pour un commerce mondial ouvert et libre depuis l’entre-deux-guerres », a estimé le ministre norvégien de l’Economie Jens Stoltenberg.
« Il n’y a pas de vainqueur dans une guerre commerciale », a affirmé le Premier ministre finlandais Petteri Orpo.
« La Chine prendra résolument des contre-mesures pour sauvegarder ses propres intérêts », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun, à la presse à Pékin.
Et d’ajouter : « Il n’y a pas de gagnant dans une guerre commerciale et le protectionnisme ne mène nulle part. La Chine exhorte les États-Unis à corriger immédiatement leur faute et à résoudre les différends commerciaux avec d’autres pays, y compris la Chine, de manière égale, respectueuse et mutuellement bénéfique ».
Pékin réagit à l’imposition par les États-Unis de « droits de douane réciproques » à leurs partenaires commerciaux, y compris des droits de douane de 34% sur la Chine, comme l’a annoncé Donald Trump mercredi.
Guo Jiakun a indiqué que la décision de Donald Trump « violait gravement les règles de l’Organisation mondiale du commerce et sapait le système commercial multilatéral fondé sur des règles ».