Sous un soleil matinal à Sebt Gzoula, à 20 km au sud de Safi, l’ordinaire d’une route tranquille avait tout d’un coup basculé dans le chaos.
Le chauffeur, pris d’une audace mortelle, a tenté d’écraser les gendarmes pour fuir. Sirenes hurlantes, pneus crissant sur l’asphalte : le camion, chargé à craquer, zigzaguait comme un fauve traqué. Après des minutes interminables, les gendarmes ont réussi à le coincer, arrachant au destin une victoire aussi risquée que cruciale. Un suspect, saisi sur place, garde un silence de plomb. Son complice, lui, s’est évaporé dans la nature, laissant derrière lui une traînée de questions sans réponses.
Sous des bâches anonymes, dissimulés entre des marchandises banales, des blocs de chira, empilés avec une précision macabre, ont été exhumés par les experts. « Une saisie spectaculaire, l’une des plus lourdes de l’année », murmure un source sécuritaire, sous couvert d’anonymat. Le camion, désormais scellé comme une pièce à conviction géante, a été convoyé sous haute escorte jusqu’aux Douanes de Safi, où des équipes spécialisées percent ses secrets, gramme par gramme.
Qui orchestre ce trafic à grande échelle ? Où se cache le fuyard ? Derrière les barreaux, le suspect livre peu d’indices, mais les enquêteurs traquent chaque piste : téléphones cryptés, transactions opaques, complicités locales… La Procuration du Roi supervise une enquête tentaculaire, déterminée à remonter jusqu’à la tête de cette araignée toxique.
Alors que la nuit tombe sur la ville portuaire, une question brûle les lèvres : cette saisie historique marque-t-elle la fin d’un règne… ou l’avant-goût d’une guerre des gangs ?
Une certitude: avec 16 tonnes de chira hors circuit, le coup porté aux narcotrafiquants résonne comme un avertissement.